Attentat à Boufarik: 14 morts

Le GIA a frappé à Boufarik, une ville symbole de la résistance au terrorisme intégriste. La veille, douze terroristes ont été abattus à la Casbah d'Alger.


HIER à Boufarik, 40 kilomètres à l'ouest d'Alger, aux environs de 10 heures, un attentat à la bombe a causé la mort de quatorze personnes et a fait une cinquantaine de blessés, au marché des véhicules de la ville, très fréquenté le jeudi (week-end algérien). L'engin explosif était dissimulé dans un cabas, bourré de morceaux de ferraille, de boulons et de clous, déposé au coeur du marché, avec l'intention de faire le maximum de victimes. Le 27 septembre dernier, un attentat au véhicule piégé avait déjà fait vingt-sept morts et plus d'une centaine de blessés, au marché des fruits et légumes de cette ville. Régulièrement, chaque fois qu'ils en ont l'occasion, les groupes du GIA ciblent Boufarik. La raison? C'est ici que sous l'impulsion de Mohamed Sellami, ancien militant communiste (tué dans un affrontement l'an passé avec un groupe du GIA), d'anciens militants de gauche et des syndicalistes ont constitué les premiers groupes d'autodéfense en se dénommant 'les patriotes' pour se distinguer des 'gardes municipaux', groupes d'autodéfense constitués par les pouvoirs publics. Cette ville a été, au terme d'affrontements très durs, reprise en main par 'les patriotes' avec l'aide de la population. Avec le temps, Boufarik est devenu le symbole de la résistance contre le terrorisme intégriste. La veille de cet attentat, les forces de sécurité algériennes ont mené, dans la nuit de mercredi à jeudi, une importante opération à la Casbah d'Alger, qui depuis deux années est devenu un fief du GIA et du FIDA (Front du djihad islamique). Le groupe terroriste, composé de douze hommes, était réfugié dans la haute Casbah. L'opération, qui a commencé à 18 heures, s'est terminée à 3 heures du matin. Au total, douze terroristes ont été abattus, mais on ne sait pas si les forces de l'ordre ont subi des pertes. De même qu'on ignore si le chef du GIA de la région d'Alger, Farid Hamani, alias Abou Selmane, figurait parmi les terroristes tués. Une opération avec un tel déploiement de forces - cas rare depuis quelque temps - ne peut s'expliquer que par la présence parmi le commando terroriste d'éléments importants du GIA.

Pour plus d'informations...
http://www.humanite.presse.fr/journal/1997/1997-01/1997-01-17/1997-01-17-004.html

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