Zouabri : la fin

Le chef du Groupe islamique armé (GIA), Antar Zouabri, a été abattu vendredi dernier par les forces combinées de l'armée et de la police dans une maison, sise rue des frères Kerrar, au quartier Grite, à Boufarik, dans la wilaya de Blida.

« Sans aucun doute, il s'agit bien de lui », a affirmé le général major Fodil Brahim Cherif, chef de la 1re Région militaire, lors d'un point de presse improvisé à l'occasion au niveau du siège de son commandement. « En plus de son identification par d'autres criminels, la vérification des empreintes digitales a permis de confirmer son identité », a-t-il rétorqué aux journalistes qui se demandaient si on n'était pas en présence d'une autre « fausse mort » de Antar Zouabri. Selon le premier responsable de la 1re Région militaire, les services de sécurité n'ont jamais donné d'information faisant état de la mort du chef du GIA. Le général major Fodil Cherif est catégorique : le corps exposé devant la morgue du centre de santé militaire, au niveau du siège de commandement de la 1re région militaire, est celui de Antar Zouabri. « L'identification est formelle. » Sa localisation n'est pas, selon les déclarations de Fodil Cherif, le produit du hasard. Les services de sécurité savaient, selon lui, que Antar Zouabri avait rejoint la veille, à savoir jeudi, la ville de Boufarik. « Dans l'après-midi de la journée de jeudi », a précisé encore Fodil Cherif, « l'exploitation de cette information s'est faite immédiatement ». L'opération menée conjointement par les éléments du GIS, corps spécial de l'armée, et ceux de la Brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ), a commencé aux environs de 14 h pour prendre fin vers 17 h 05 par l'élimination de Antar Zouabri et deux de ses acolytes, Merragua Mohamed et Boumediène Hakim, dit Simbad. Originaires de Boufarik, ces derniers avaient été libérés en 2000 et 2001 à la faveur de la loi portant « concorde civile ». Ils connaissaient parfaitement Antar Zouabri qui est, lui aussi, originaire de Haouch El Gros (domaine Souidani Boudjemaâ), situé à 3 km de la ville de Boufarik. Le frère de Boumediène, le propriétaire de la maison où s'est réfugié le chef du GIA, était l'un des compagnons de Alliouet Zouabri, le frère de Antar qui était aux côtés de Mansouri Meliani, l'un des fondateurs du GIA. Ces liens qui auraient poussé Antar Zouabri à élire domicile chez Boumediène, une ancienne maison située dans une ruelle populaire tout près du stade communal. Une position qui a compliqué néanmoins l'action des forces de sécurité qui ont dû recourir, selon Fodil Cherif, à l'évacuation des habitants du quartier et aux supporters qui assistaient au match opposant l'équipe locale à celle de Berrouaghia. Armés de pistolets automatiques, les terroristes ont riposté à l'avancée des commandos de l'armée par le lancement de deux bombes. Mais selon les impacts de balles bien visibles sur les murs, les forces de sécurité n'ont pas eu recours à un armement lourd pour venir à bout du groupe. Ils ont utilisé, selon des témoins oculaires, uniquement un char de police pour défoncer le garage métallique situé au rez-de-chaussée de la maisonnette, alors que les terroristes étaient embusqués à l'étage supérieur. Trois membres du commando ont été, selon Fodil Cherif, légèrement blessés lors de cette opération qui s'est terminée par l'élimination du septième chef du GIA. A l'exception de Abdelhak Layada, condamné à la peine capitale, les six autres, Mansouri Meliani, Moh Leveilly, Djaffer El Afghani, Cherif Goussemi dit Abou-Abdellah, Djamel Zitouni, dit Abderahmane Abou Amine, et enfin Antar Zouabri ont été tués. Désormais, le GIA ne compte en son sein, selon Fodil Cherif, « que 37 à 39 terroristes armés à travers le territoire national ». « D'autres opérations sont en cours à travers d'autres wilayas, dont Djelfa, Tizi Ouzou, Aïn Defla et M'sila, pour mettre fin à la subversion terroriste », a-t-il ajouté, tout en réaffirmant la détermination de l'armée à poursuivre son action « jusqu'à l'élimination du dernier terroriste ».

Pour plus d'informations...
http://www.lematin-dz.com/10022002/jour/zouabri.htm